Je devais avoir 13-14 ans lorsque mon prof d’échecs m’a dit pour me réconforter « J’aime les défaites parce qu’il y a toujours quelque chose à apprendre ». Ça m’avait fait du bien sur le moment, même si ma conclusion sur le sujet restait immature. En vrai, je voulais gagner parce que je voulais être vu, reconnu et me sentir important. La défaite était pour moi synonyme du contraire. Donc armé de cette nouvelle compréhension, je voulais devenir plus fort après chaque défaite.

Par la suite, il m’est devenu de plus en plus difficile de gravir les échelons, étant déjà arrivé au niveau national. Petit à petit, j’ai perdu ma motivation et j’ai fini par arrêter de jouer. Même si j’avais continué à gagner et à avoir cette reconnaissance des autres, cela ne m’aurait pas été très utile. La direction que je prenais ne m’amenait pas à me voir moi-même, ce qu’y est véritablement la source du problème.

Récemment, la vie m’a amené à expérimenter d’autres défaites. A chaque fois, ma réponse instinctive est « Qu’est-ce que je peux apprendre ? » et « Qu’est-ce que je peux améliorer ? », faisant écho à mes habitudes de joueur d’échecs. Cette manière de réfléchir est souvent utile mais pas quand elle est au détriment de l’harmonie. En effet, dans ces situations, ce que je cherche véritablement à faire, c’est à contrôler le résultat. Mais j’oublie quelque chose d’essentiel, c’est que je ne peux pas.

Yogi en prière

« L’Homme propose. Dieu dispose. ». J’oublie l’essentiel. On ne peut que demander. Si ce qu’on continue de demander ne nous est pas donné. Il est sage d’accepter. Ça ne veut pas dire que c’est une acceptation passive d’apitoiement sur soi et de fatalisme. Quand je partageais mes difficultés à un de mes profs, sa réponse me surprit. Je m’attendais à du réconfort et des paroles positives du genre « Tu verras, ça va marcher, accroche toi ! ». Il m’a dit « Si tu dois te planter, plante toi en beauté, expérimente la défaite avec intégrité ».

Il y a des considérations intéressantes à faire lorsque l’on considère succès et défaites d’une perspective plus élevée. Une est que les défaites mènent au succès. Il y a alors seulement une phase d’apprentissage. Une autre est que pour que quelqu’un expérimente le succès, un autre doit expérimenter la défaite. Peut-on alors garder ces perspectives en tête lorsque l’on a pas ce que l’on veut ? Peut-on se réjouir pour les autres au lieu d’aller dans la jalousie ?

Vivre l'intégrité !

Est-ce que je peux me voir moi-même pour qui je suis vraiment ? Est-ce que je peux me reconnaître et m’accepter pleinement ? Est-ce que je peux avoir confiance que la vie ne va jamais me forcer à vivre sans intégrité ? Est-ce que je peux embrasser une défaite extérieure pour vivre une victoire intérieure ?

En acceptant mes défaites, j’accepte la vie telle qu’elle est. J’ai l’impression de déposer un lourd fardeau sur le sol. Les conditions extérieures ne sont peut être pas différentes. Cependant à l’intérieur, je me sens léger et serein.

« Mon Dieu, donne moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’ accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux. »

Marc Aurèle
14 janvier 2020

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